Accepter sa situation ou le chemin vers la guérison
- LysJoy
- 15 janv. 2019
- 11 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 mai 2020
J’ai eu une discussion avec une amie un jour. Elle se plaignait car les problèmes s’enchaînaient et elle trouvait que la vie était injuste et qu’elle en était fatiguée. Une situation que vivent toutes les mères célibataires. À peine un problème est réglé qu’un autre pointait le bout de son nez. Et je l’écoutais tout en demandant à Dieu de m’aider à trouver les mots justes car moi aussi j’étais en plein dedans. À mon sens, ma situation était beaucoup plus compliquée et dure à vivre que la sienne. Mais je la comprenais car chacun porte sa croix et chacun vit les situations de la vie à sa manière. Je n’ai donc pas voulu porter un jugement mais faire preuve de compassion à son égard. Avant de lui répondre, j’ai d’abord pensé à ma situation. Non pas parce qu’elle s’améliorait mais parce que je la vivais mieux.
Je me suis retrouvée du jour au lendemain, seule avec trois enfants, à devoir payer les conséquences des actes de quelqu’un d’autre. Comme si ça ne suffisait pas, j’ai essuyé rejet, médisance et incompréhension de la part de certains proches et ce, de façon assez violente. Donc le sentiment de rejet et d’injustice, je connais. Sans compter, les difficultés financières et la charge mentale qu’accompagnent bien souvent les mères seules car elles jouent deux rôles : celui de la mère mais aussi celui du père. Élever les enfants en couple, c’est déjà pas évident. Les élever seule est d’autant plus dur.
Mais alors, pourquoi mon approche aujourd’hui est-elle différente de celles des années précédentes ?
Parce que tout simplement, je me suis faite une raison. Comme on dit en lingala : « Mayi esi esopani ». Ce qui traduit littéralement veut dire : « l’eau s’est déjà renversée ». En d’autres termes, il est impossible de remettre un liquide renversé dans son récipient d’origine. Et dans le langage courant on dira : « Ce qui est fait, est fait ». Il n’y a plus moyen de retourner en arrière. Comme je ne pouvais rien changer à mon passé, j’ai donc décidé d’accepter ce que je vivais, même si c’était dur.
Que veut dire " Accepter " ?
En cherchant un peu, j’ai trouvé trois définitions que je trouve assez pertinentes.
Accepter :
C’est admettre quelque chose, se rendre à l’évidence ;
C’est se déclarer prêt à quelque chose. J’aime beaucoup cette définition car elle fait penser au renouveau. On pourrait dire, se déclarer prêt à tourner la page, à avancer ;
Ou enfin, prendre ce qui nous est offert ou si vous préférez, prendre ce qui se présente à soi. Cette définition donne à réfléchir parce que l’on peut ne pas aimer ce qu’on nous offre, mais que derrière ce qu’on nous donne, se cache peut-être quelque chose qui pourrait changer notre vie. Qu’en pensez-vous ?
Pourquoi accepter une situation ?
On peut refuser d’accepter une situation pour diverses raisons. Tout parent solo ou célibataire, se retrouve toujours dans une situation difficile à vivre et bien souvent, elle est vécue comme injuste. Ce qui est vrai dans la majorité des cas. Pour ma part, je me suis retrouvée seule, avec des enfants en bas âge, devant porter la responsabilité de payer des dettes qui n’étaient pas les miennes.
Cependant, à force de vouloir prouver que j’étais une victime dans l’histoire et en voulant me faire justice moi-même, je finis par m’épuiser psychologiquement et physiquement. Les émotions s’entremêlaient et étaient à chaque fois d’une vive intensité. Je ressentais à la fois :
de la rage et de la colère d’abord contre mon ex-mari parce qu’il m’avait mis dans cette situation. Ensuite contre moi-même car je n’avais rien vu venir ;
de la culpabilité parce que mes enfants devaient subir cette situation alors qu’ils n’avaient rien demandés ;
de l’humiliation ou plutôt de la honte en pensant à ce que dirait les gens. Que ce soit dans la famille, la communauté ou l’église…
Tout ce micmac émotionnel me plongea dans un désarroi et une peine que je ne pourrai vous décrire. Je n’avais ni la force ni l’envie de prier tellement je souffrais.
Jusqu’au jour où j'ai compris que mon refus d’accepter ce qui m’arrivait, s’apparentait à un déni de la réalité que je vivais car aussi dure et pénible elle pouvait être, cette situation était bien là. Et le fait de se plaindre, d’y penser constamment au point de ne plus manger ou dormir n’y changerait strictement rien. Je me laissais mourir à petit feu et plongeais un peu plus chaque jour dans une profonde dépression. Pourtant, sortir de ce cercle vicieux n’était pas aussi simple parce que pour moi, " accepter " voulait dire capituler, admettre mon impuissance face à la situation. Et cette idée m’était juste insupportable mais il fallait que ça s’arrête pour moi mais aussi pour mes enfants. Il fallait accepter la situation pour me donner les moyens d’avancer.
Accepter la situation, d’accord et ensuite?
S’en remettre à Dieu, tout simplement. C’est le premier réflex que devrait avoir tout chrétien : se tourner vers Dieu en toute circonstance. La Bible ne dit-elle pas dans Matthieu 6:33 : " Cherchez d’abord le royaume des cieux et le reste vous sera donné en plus ". Jésus Lui-même nous invite à venir à Lui lorsque nous sommes fatigués et chargés afin de trouver le repos (Matthieu 11:28). Existe-t-il plus belle promesse ?

Mais je vais être honnête : ce n’est vraiment pas aussi facile que ça n’y parait. Généralement quand on a des problèmes, on se focalise plus sur ce qui ne va pas et portons peu d’attention sur les choses qui vont. Et très souvent, notre foi vacille. Et donc l’étape à suivre après l’acception est de mettre Dieu en premier et de s’abandonner entièrement à Lui.
Parce que voyez-vous, une fois l’étape de l’acceptation franchie, les yeux s’ouvrent sur la réalité et non sur la réalité que l’on se fait. Dans ma réalité par exemple, je ne voyais plus que le mal qu’on m’avait fait. Je me remémorais sans arrêt les événements en essayant de comprendre ce que j’avais pu faire pour en arriver là. J'imaginais des scénarios sur des événements déjà écrits et passés. Mais autant la situation était dure à vivre pour moi, autant elle l’était pour mes enfants. La pression était forte, j’étais dépressive, j’étais à bout. Jusqu’à ce que j’admette que seule, je n’y arriverais pas. Je connaissais Dieu depuis mon enfance mais je Le redécouvrais dans mon état dépressif car Il m’a permis de voir la vie sous un autre angle. Il a insufflé un vent nouveau dans ma vie et ce sont des moments que je chérirai toute mon existence.
Donc, accepter ma situation était une manière de dire à Dieu que j’avais besoin de Lui. C’était une façon de reconnaître ma faiblesse et ma vulnérabilité face à la difficulté que je traversais. De ce fait, je Lui laissais le champ libre d’agir dans ma vie car j’avais compris qu’Il ne demandait que cela : tisser une relation avec moi (Apocalypse 3:20).
" Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi."
Paul dit dans 2 Corinthiens 12:10, qu’il accepte avec joie sa faiblesse parce que c’est là qu’il est plus fort mais plus fort en Christ. Car c’est dans la faiblesse que se manifestent la puissance et l’amour de Dieu. C’est dans ces moments difficiles qu’Il nous montre clairement ô combien Il prend soin de nous. On apprécie mieux Ses bienfaits parce qu’on les vit pleinement et on comprend que Sa grâce demeure et se renouvelle constamment. Mais pour ce faire, il faut vouloir le voir, sortir du déni et Lui faire confiance, c’est-à-dire lâcher prise et se laisser porter par Lui. Cela permet d’entrer peu à peu dans Sa réalité, de sortir de la nôtre et de redécouvrir Son amour. Comment ?
En ouvrant simplement les yeux, en regardant autour de soi et en ne se concentrant que sur ce qui est positif. Car il ne faut pas oublier que dans toute situation, même si elle est difficile, il y a de très belles choses qui se passent. Cela peut être le rire de nos enfants, le fait qu’ils soient en bonne santé et ne manquent pas de l’essentiel. Il peut s’agir de nos petites victoires face aux imprévus, un soutien tant moral que matériel qui tombe à point nommé, un sourire ou des mots d’encouragement qui nous sont adressés et je peux continuer ainsi. Il y a toujours une raison de rendre grâce dans la vie.
Certaines choses ou personnes qui nous entourent sont le reflet de l’amour de Dieu pour nous. Apprenons donc à voir, à palper et à apprécier les bénédictions de Dieu, même les plus infimes d’entre elles parce qu’elles nous apportent un certain bien-être et de la joie. Mais pour cela, il faut sortir du déni pour finalement comprendre que même dans le négatif, il y a du positif. Encore faut-il vouloir le voir.
" Les bonnes choses viennent de Dieu ", Jacques 1:17
Que faire après avoir accepté sa situation et s’être confiée à Dieu ?
Il faut s'armer de patience et attendre les jours meilleurs. Par expérience, je sais que cette période d’attente peut être très douloureuse et très lourde. Or la vie est un don gratuit qui nous est offert par Dieu. A nous de choisir ce que l’on souhaite en faire : soit on choisit de passer son temps à s’interroger, à broyer du noir, à chercher à tout prix un coupable à ce qui nous arrive, à culpabiliser et à déprimer. Soit, on choisit d’avancer en prenant la vie du bon côté, se concentrer sur le positif et se contenter de ce que l’on a, en attendant les jours meilleurs.
" Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité " Deutéronome 30 :19
Alors que faire durant ce temps d’attente ?
Se laisser le temps de guérir de ses blessures intérieures et trouver le repos auprès du Seigneur car une séparation est toujours difficile. Et donc, la traversée du désert devient un chemin menant à la guérison, à la découverte de soi et de son identité en Christ mais encore une fois, il faut le vouloir ;
Approfondir sa relation avec Dieu mais aussi trouver l’occasion de Le servir. Beaucoup de chrétiens ne connaissent pas la vraie nature de Dieu. Il est amour, certes mais Il a de nombreuses facettes. N’est-ce pas là une occasion d’écouter des enseignements parlant de Lui, de lire des ouvrages pour mieux apprendre à Le connaitre ? Pourquoi ne pas Le servir en aidant à l’Église dans un ministère qui nous parle ?
Être indulgente et ne pas être dur avec soi-même car les erreurs, tout le monde en commet. Il faut juste essayer de les réparer et de s’améliorer au mieux ;
Prendre soin de soi-même c’est-à-dire se reposer ou se faire aider pour son bien-être ainsi que pour celui des enfants. Les enfants sont des éponges et absorbent toutes nos émotions. Ils sentent quand nous sommes fatiguées et au bout du rouleau : on s’énerve plus facilement, on manque de patience et on crie même pour un rien. Il est donc important de faire une pause de temps en temps et accepter de l’aide quand elle se présente ;
Prendre soin de sa santé mentale: Pourquoi ne pas envisager une aide psychologique? Alors, je sais que beaucoup de chrétiens sont réticents à l'idée d'aller consulter un psychologue. Or quand on est malade, on va aisément voir un médecin spécialisé mais lorsqu'il s'agit du mental, beaucoup se jettent dans la prière et refusent l'idée de se faire soigner psychologiquement. Même si la bible nous demande de prier sans cesse, Dieu sait que la prière à elle seule ne suffit pas toujours. La charge mentale est une réalité aujourd'hui et l'ignorer conduit beaucoup de personnes, notamment les mères, dans la dépression et/ou le burn-out. Moi j'assume totalement le fait d'avoir été suivie par une thérapeute et j'en remercie le Seigneur. Pour celles d'entre vous qui seraient sceptiques et pas à l'aise avec cette idée, il existe une association des psychologues chrétiens sur Bruxelles et en Wallonie qui s'appelle "La Houlette". Je vous encourage donc à ne pas hésiter et à essayer. Vous serez aidée par une personne neutre et objective car elle aura une vue bien plus réaliste et détachée de la situation que vous. Elle sera compétente parce que c'est son métier et de plus, elle sera à même de vous accompagner spirituellement car elle partagera votre foi. Ce sera un espace où vous pourrez exprimer ce que vous avez dans le cœur ainsi que votre vécu sans craindre d'être jugée. Vos sentiments seront enfin reconnus parce qu'éprouver de la colère ou de la tristesse est tout à fait normal. Beaucoup d'entre nous, n'exprimons aucune émotion et ne partageons rien à cause des qu'en-dira-t-on. Mais Dieu nous a crée à Son image et Lui-même a des émotions. Il peut être triste quand nous nous éloignons, heureux quand Il nous retrouve enfin, en colère contre nos ennemis. Même Christ se fâcha contre les marchands du temple (Matthieu 21:12-13) . Donc, Dieu a crée ces émotions pour que nous les exprimons. Les contenir peut être dévastateur pour notre santé physique. Nos blessures obscurcissent nos cœur et nous empêchent d'avoir une relation seine avec notre Seigneur. Accepter de se faire aider à ce niveau là, est une occasion d’accueillir son Amour et d'emprunter le chemin qui mène vers la guérison avec Lui à vos côtés;
Enfin, prendre du temps pour soi en se faisant plaisir (par exemple, en s’offrant un moment spa, voyager seule ou avec des copines, se remettre au sport, etc.) et surtout, bannir la fausse culpabilité. Tout le monde a droit au bonheur et le fait de vous accorder quelques moments de détente et de bonheur, ne fait en aucun cas de vous une mauvaise mère. Bien au contraire! Si vous êtes heureuse, vos enfants le seront aussi.
Personnages de la Bible
Pour ce sujet, j’ai choisi deux personnages de la Bible. Le premier est Joseph. Il était irréprochable mais fut vendu par ses frères puis jeté en prison car il refusa les avances de la femme de Potiphar, son maître. Malgré sa souffrance d’avoir été rejeté par les siens, de s'être retrouvé esclave puis prisonnier par la suite, il est resté intègre et s’est accroché à Dieu. L’Eternel se souvint de lui et l’éleva au rang de gouverneur du Pharaon. Il y eut une grande restauration dans sa vie car il ne fonda pas seulement une famille (il se maria et eût deux garçons) mais il y eut une réconciliation avec tous ses frères et il put revoir son père. Et comme si ça ne suffisait pas, grâce à lui, son peuple sortit de la famine. On voit bien dans son histoire comment Dieu tient Ses promesses.
Le deuxième est David. La bible dit que David était l’homme selon le cœur de Dieu (Actes 13:22). Et pourtant, il était loin d’être parfait. Il fit tuer le mari de Bethsabée car il la convoitait. Cet acte déplut à Dieu et l’attrista profondément. Cependant, David aimait sincèrement Dieu. Il avait l’assurance d’être pardonné et avait compris que Sa grâce se renouvelle toujours. A cause de cela, Dieu le fit grâce en permettant que Salomon, fils qu’il eût avec Bethsabée, le succèda au trône (Psaumes 132:11, 2 Samuel 7:12-16). Le livre de Matthieu mentionne également que Jésus est un descendant de David. Il est donc la preuve qu’en mettant Dieu en premier, en faisant de Lui nos délices, nous obtiendrons bien au-delà de ce que nous pourrions espérer et verront ainsi s’accomplir Ses promesses dans nos vie.
" Fais de l'Eternel tes délices, et Il te donnera ce que ton cœur désire ", Psaumes 37:4
Dans les deux cas, même si leur parcours de vie est différent, Joseph et David ont deux choses en commun : leur dévotion et leur amour pour Dieu. Je sais que beaucoup de mères célibataires culpabilisent et s’en veulent énormément de leur situation. Mais la bonne nouvelle est que Dieu demeure amour et ce, que l’on soit victime d’une situation ou que l’on en soit à l’origine. Peu importe, Jésus nous tend les bras et veut nous accompagner pour tisser une relation unique avec nous.
Pour conclure, je dirais que le temps d’attente n’est pas une si mauvaise chose. La bible ne dit-elle pas que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu ? Dans nos moments de doute, d’inquiétude et d’anxiété, pourquoi ne pas demander à Dieu de nous montrer où Il se trouve dans nos problèmes ? Apprenons à apprécier Ses bienfaits en regardant autour de nous et en ne gardant que les choses qui nous font du bien, qui nous rendent meilleurs et qui nous aident à avancer et non à ruminer le passé. Cherchons le repos auprès de notre Seigneur Jésus-Christ afin d’être plongée dans Son amour et nous y perdre durant nos moments d’insécurité. Car on peut ne pas le croire mais les périodes dures sont celles de la restauration pour un avenir meilleur. Mais encore une fois, cela dépend de la manière dont nous percevons la vie que Dieu nous donne. Prenez soin de vous et garder espoir. Soyez bénies !

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